Santé, joie de vivre et créativité !

Une très bonne année à tous !

Je vous souhaite santé, joie de vivre -malgré les inévitables aléas plus ou moins douloureux que nous rencontrons tous au cours d’une année- et une belle créativité, quel que soit le domaine dans lequel elle se manifeste, cette qualité qui peut rendre pleine d’attrait toute activité.

Voici une brassée de toiles, pour commencer l’année : elles sont datées de décembre 2017 et de janvier 2018

Technique mixte sur toile  120 x 120 cm  décembre 2017

Technique mixte sur toile  120 x 120 cm  décembre 2017

 

Technique mixte sur toile  120 x 120 cm  décembre 2017

 

Technique mixte sur toile 120 x 120 cm  décembre 2017

 

Acrylique sur toile  120 x 120 cm   janvier 2018

 

Technique mixte sur toile  120 x 120 cm  janvier 2018

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La trace, l’empreinte, le signe

Technique mixte sur toile  70 x 70cm  octobre 2017

 

Dans ma peinture, la présence récurrente des empreintes et des signes m’a donné envie d’écrire un petit article approfondissant cet aspect de mon travail.

Dans celui-ci, j’ai toujours eu à cœur d’accorder une importance égale aux trois données différentes mais complémentaires à mes yeux que sont la couleur, la matière et le graphisme.                                                                                                                                             Et au cœur de l’élaboration de mon vocabulaire graphique se trouve la mise en œuvre d’un travail de recherche sur l’empreinte, la trace et le signe.

L’observation et la contemplation des formes rencontrées dans la nature nourrissent en permanence cet aspect de ma peinture : empreintes fossiles, traces dans le sable ou la neige, et celles laissées dans le ciel par le passage d’un avion, signes inscrits sur la surface du bois par des vers ou ceux que l’on peut voir à la surface de l’eau lorsque l’écume y brode des écritures énigmatiques.                                                                                                  Calligraphies végétales et objets vieillis que le temps a tatoués, telles les coques usées des bateaux dont la peinture s’écaille. La bave des escargots laissant sur les vitres des méandres et des arabesques, le givre et ses fleurs fractales…                                                     La liste est infinie de ces traces et empreintes qui parcourent la peau du monde, tatouages, écriture muette, signaux silencieux qu’il nous appartient de déchiffrer et d’interpréter et auxquels donner une voix.

Je réalise les empreintes au moyen de tampons sculptés ou par l’emploi de toutes sortes de matériaux susceptibles d’être encrées ou enduits de peinture.                                                  Les traces sont laissées sur la surface travaillée par griffures, grattage, collages et dé-collage et par d’autres procédés explorés au fil du temps.                                                            Et les signes, eux, sont inventés au fur et à mesure, certains réutilisés souvent car particulièrement porteurs de sens à mes yeux.                                                                            J’ai aussi élaboré , il y a de nombreuses années de cela, une écriture qui a pris forme peu à peu, devenant une cursive après avoir été une juxtaposition de signes créés un par un.                                                                                                                                                        Cette écriture, conçue comme un élément graphique de ma peinture l’est également en tant que trace de la mémoire des hommes, témoignant d’un temps passé ou futur, réminiscence ou intuition d’autres réalités .

Trace, empreinte ou signe : dans l’infini des possibles, sur le fond neutre du papier ou celui d’un support autre, est posé un geste qui détermine une option : un événement graphique surgit, s’inscrit dans la matière. Dans le vide naît une forme qui l’habite et oriente la suite du processus créatif.

Un mouvement effectué dans le temps prend forme dans l’espace.

La trace, éclair de vie reçue dans un matériau souple, passif ( à l’instar d’un pas sur la neige ) à un moment donné, sera lue et interprétée à un autre moment. Ainsi, témoigne-t-elle du passage du temps ainsi que de son immobilité. Dans la nature, les pierres fossiles, témoins des millénaires écoulés fixés dans la matière, en sont un exemple.

Pour le peintre, le geste posé capture l’instant et lui donne forme et matérialité, pour l’offrir aux regards dans un temps ultérieur.

La trace est également porteuse de l’absence, elle témoigne de ce qui n’est plus là. C’est un écho, une mémoire.

Elle permet aussi une liberté dans l’acte créatif, car elle n’est pas porteuse d’une signification, elle ne représente pas . Le geste, le hasard , la réaction parfois imprévisible de la matière laisse le champs libre aux surprises !                                                                    Elle permet dans un deuxième temps une liberté de lecture grâce aux multiples interprétations qui peuvent en être faites, à la résonance particulière qu’elle fait naître en chacun.                                                                                                                                           Chaque lecteur de la trace peut en avoir sa propre vision , n’est pas contraint à y déceler un sens exclusif.

Pour illustrer ce texte (qui, je l’espère, aura su éclairer l’aspect graphique de mon travail ) j’aimerais présenter ici un certain nombre de monotypes -travail d’empreinte par excellence- dont je suis en train de réaliser une série. Ils mesurent tous 33 x 55 cm et sont marouflés sur toile.

Et j’ai posté également en début d’article une photo de ma dernière toile, dans laquelle signes et empreintes sont présents, comme elles le sont très souvent dans mes différentes œuvres.

 

 

 

 

 

 

 

DSCN4550 (Copier)

 

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Cent fois sur le métier…

Ces premiers jours du mois d’octobre ont été consacrés, dans mon atelier, au remaniement de plusieurs des dernières toiles crées au cours des mois d’aout et septembre.

 » Cent fois, sur le métier remettez votre ouvrage…  »

Après quelques temps, en effet, il arrive qu’en posant un regard moins « collé » au travail accompli, on voit plus clairement des choses que l’on avait laissées dans une certaine imprécision ou des éléments qui nous semble, avec un peu de recul, superflus, voire encombrants.

Il faut parfois un certain laps de temps pour que s’estompe cette sorte de fascination dont on est l’objet la plupart du temps, lorsqu’on s’est investi complètement dans l’élaboration d’une toile.

Un recul, et souvent l’aide précieuse d’un regard extérieur (et avisé), permet de « remettre son ouvrage sur le métier » pour faire aboutir sa toile de façon plus satisfaisante et la rendre plus conforme à ce que l’on cherchait confusément. Même si ce que l’on cherche nous est inconnu, lorsqu’une peinture  » tient  » jusqu’au bout, elle aura tenu sa promesse d’être un fragment « juste » de ce ce je ne sais quoi que l’on poursuit de toile en toile.

Je reposte donc les toiles retravaillées ces derniers jours.

 

Acrylique sur toile  120 x 120 cm  aout 2017

 

Acrylique sur toile  120 x 120 cm  aout 2017

 

Acrylique sur toile  100 x 100 cm  aout 2017

 

 

Acrylique sur toile  120 x 120 cm   septembre 2017

 

Acrylique sur toile  90 cm x 90 cm  septembre 2017

 

 

Acrylique sur toile  90 x 90 cm   septembre 2017

 

 

Acrylique sur toile  120 x 120 cm   aout 2017

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C’est un trou de verdure

Je joins à la photo de ma dernière toile le commentaire écrit par Paul Villain sur cette peinture.

Il me touche beaucoup par la pertinence de sa vision et par son ressenti très fin de ce qui se joue dans cette dernière œuvre.

Voici la peinture, suivi du petit texte dont il est question :

acrylique sur toile  90 x 90 cm  septembre 2017

« C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons. » ( …)

On pense tout d ‘abord à Rimbaud : « C’est un trou de verdure … »

Lentement, la verdure a subi des attaques successives du vent et de l’usure. Il en reste des tiges, des rameaux défeuillés, les ronces et le bois mort.

L’idée, particulière, me vient d’un sacrifice, d’un renoncement, d’une sorte d’acquiescement non pas fatal, mais consenti.

Quelque chose comme un mystère profond préside à la gestation et à la renaissance.

Comme si l’ombre et la lumière, dans leur perpétuelle rencontre, étaient en mesure de mettre sans fin en route le processus de la vie.

Il me semble que quelque chose se résout, s’absout, s’allège, s’autorise à se pardonner.

La matière et l’énergie sont résolument en marche.

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L’enfant muet

Parfois les mots ne trouvent pas, en moi, le chemin de l’expression . Je sais seulement dire les choses avec des couleurs, les rythme et la lumière.

Je choisis alors quelques fois d’emprunter à des poètes qui ont fait des mots leur outil de  choix, des textes qui entrent en résonance avec ma création picturale ou qui exprime mon ressenti du moment, en parallèle à la présentation de ma peinture.

Aujourd’hui, un poème de Federico Garcia Lorca que j’aime beaucoup depuis mes jeunes années  : l’enfant muet

L’enfant cherche sa voix

(le roi des grillons l’a prise)

 

Dans une goutte d’eau

l’enfant cherchait sa voix

 

Je n’en veux pas pour parler

mais pour en faire une bague

qui portera mon silence

en son tout petit doigt.

 

Dans une goutte d’eau

l’enfant cherchait sa voix.

 

La voix captive au loin

mettait un habit de grillon.

 

acrylique sur toile    120 x 120 cm   septembre 2017

 

« Nous sommes vivants

tout simplement

le coquelicot et moi »

Issa (poète japonais de haïku-19ème siècle)

 

technique mixte sur toile   80 x 80 cm   septembre 2017

 

 

 

 

 

 

 

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Avant que l’été ne s’achève

Technique mixte sur toile  120 x 120 cm  aout 2017

 

C’est avec un poème que je reviens sur ce blog, après de longues semaines sans article nouveau, ainsi qu’avec un aperçu de mes toute dernières toiles, nées en aout.

Donc, « avant que l’été ne s’achève « , j’ai la joie de partager ici un peu de poésie et de peinture, et de retrouver le fil quelque peu distendu de mes articles sur ce blog.

Le poème est de Paul Villain, dont l’écriture accompagne mon travail depuis de longues années. Il s’intitule  » Le voyage d’été  » et fait parti d’un cycle de poèmes regroupés sous le titre  » Tentative de restitution des saisons  »

 

Arche édénique de douce fertilité

diffuse ta lumière et tes conques rosées

pour cet hôte

qui cherche refuge auprès de toi

donne lui la vie fraîche qui jaillit de ton rire

et l’ombre désirée

 

ne dresse ni table ni autel

vas parmi les tendres peupliers

défroisser la soie des branches

et l’incarnat du ciel

 

quelques brindilles pour le feu

quelques mains pour le soleil

un jeu d’étoiles plus tard pour la nuit

 

sur ton visage un dernier sourire

avant que l’été ne s’achève

viatique pour les mois à venir

(le voyage d’été – quelques gares plus à l’Est sont déjà tentées par l’ocre et la pourpre / tentative de restitution des saisons)

Technique mixte sur toile  100 x 100 cm aout 2017

 

Technique mixte sur toile  40 x40 cm  aout 2017

 

technique mixte sur toile  40 x 40 cm  aout 2017

 

tecnique mixte sur toile  40 x 40 cm  aout 2017

 

technique mixte sur toile  40 x 40 cm  aout 2017

technique mixte sur toile  40 x 40 cm  aout 2017

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L’enfance du regard

Lorsqu’on accompagne un petit enfant en promenade, sa jubilation devant les minuscules objets rencontrés  en chemin est communicative. On se surprend à se perdre avec lui dans le vert tendre d’une petite mousse humide abritant une toute petite coquille d’escargot d’où sortent deux cornes craintives… On s’extasie devant le chapelet de crottes de chèvre qui ponctuent la route, belles et luisantes comme des bijoux ou appétissantes comme des bonbons au chocolat.  Le petit enfant est tout entier dans l’instant, sans à priori et sans préjugés.

C’est sans doute ce regard  de l’enfance qu’il est judicieux de retrouver si l’on veut retrouver la saveur du monde !

Quand on regarde quelque chose sans un filtre de références, on est dans l’ouverture, dans un état d’étonnement. On peut alors être uni au ressenti de l’instant. On pourrait dire qu’il y a alors une disponibilité entière à ce qui vient à notre rencontre.  Il y a, à ce moment-là en nous, un silence qui en permet l’accueil. Une écoute est présente, qui favorise le sentiment de faire corps avec le monde et d’en découvrir la saveur.

C’est ce qui permet également d’être neuf devant un fragment de matière ou d’espace, devant un élément végétal, un caillou, un visage. Le regard usé croit déjà connaitre ce qu’il perçoit et ne le voit qu’avec le filtre de l’habitude, des références au passé, à celui de la mémoire. Le regard neuf, celui qui permet le processus de création, se trouve chaque fois devant un événement inédit qui provoque un mouvement intérieur, par l’étonnement et/ou l’admiration qu’il suscite.

C’est cet ensemble de mouvements intérieurs, ces émotions, ces contacts renouvelés avec ce que nous voyons, sentons, touchons, entendons, qui permet de constituer un humus pour la création : un substrat nourricier où nous viendrons puiser pour l’élaboration de notre art, le moment venu, lorsqu’il s’agira de concrétiser dans la matière les images intérieures nées de l’exploration des territoires extérieurs. Gaston Bachelard a montré combien, sans matière comme support, nos rêves seraient inexistants.

Mais il est également vrai que celui  contemple rend le monde poétique par le regard qu’il porte sur lui !

Ainsi, il y a porosité entre le dedans et le dehors, entre notre intériorité et l’extérieur que nous contemplons, observons, accueillons. La relation avec le monde se fait intime. Il y a également passage, dans la perception d’un petit monde végétal accroché sur un pan de mur, par exemple, entre le proche et le lointain, entre microcosme et macrocosme.

Nous devenons cet espace où se meuvent et apparaissent les choses, il n’y a plus de séparation.

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Les rebuts, les gravats, les matériaux usés, cassés, porteurs de cicatrices sont également porteurs de beauté.

« La peinture est un art de l’espace, qui part de la couleur afin de nous faire remonter aux sources du visible. Là où le visible et l’invisible communiquent, nous prenons soudain conscience que le visible que nous voyons plonge ses racines dans une source invisible partout présente à travers le visible et pourtant au-delà de lui d’une façon débordante. »

Bertrand Vergely  « Les grandes interrogations esthétiques »

 

Dans un seau de jardin, un petit monde en miniature…

Technique mixte sur petit carton toilé.

« Quel est l’objet de l’art ? Car si nous pouvions rentrer directement en communication avec les choses, je crois bien que l’art serait inutile. Car notre âme vibrerait alors continuellement à l’unisson avec la nature. Nos yeux découperaient dans l’espace et fixeraient dans le temps des tableaux inimitables. Notre regard saisirait au passage, sculptés dans le marbre vivant du corps humain, des fragments de statue aussi beaux que ceux de la statuaire antique. Nous entendrions chanter, au fond de nos âmes, la mélodie ininterrompue de notre vie intérieure. »  Bergson, « le rire ».

… Mais notre plaisir, c’est aussi de matérialiser par la peinture, le dessin et les moyens à notre disposition, ces visions et ces ressentis. C’est s’essayer à transformer et revisiter ces émotions ressenties, restituer ces fragments de réalité aperçus. Se découvrir soi-même à travers ces œuvres et les proposer en partage à ceux qui les contemplent et qui les enrichiront de leur propre vécu.

Ainsi, il y a un temps pour tout : le temps du regard et celui de la restitution, celui de la contemplation et celui de l’action !

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