La petite lessive

 

Sous la douce protection des oliviers, les draps s’étendent au vent.

Ils abritent dans leur lumière des ombres aux contours tantôt flous, tantôt précis, des calligraphies végétales que l’on dirait tracées à l’encre sur la blancheur du tissu.

La fraîche odeur du linge que soleil et vent ont séché a un parfum d’enfance.

Les herbes folles, les fleurs, la mer au loin, le bleu du ciel et la petite lessive qui sèche : c’est la merveille des petits riens, c’est la grâce qui passe et s’arrête un instant.

Le thème du linge qui sèche au vent m’a inspiré de nombreuses toiles au fil des années et j’éprouve toujours le même bonheur à étendre en plein air draps et vêtements propres.

En Grèce où nous passons quelques temps en ce moment, j’ai le plaisir de voir la mer, là-bas, derrière les oliviers entre lesquels une corde fine a été tendue pour y suspendre les lessives, et c’est magique !

Alors j’ai eu envie de faire un petit montage mêlant photos des draps séchant sur leur fil et encres sur papier : qui s’est inspiré de qui  ? En réalité, lorsque j’ai créé cette série d’encres, je n’avais pas en tête ces ombres si belles claquant au vent. Mais il y a deux jours, en les découvrant sur l’écran blanc des draps, j’ai « vu » en surimpression celles qui s’étaient déposées, empreintes d’encre de Chine et lavis, sur mes  feuilles de papier, il y a quelques temps.

 

 

 

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Une série « rondement » menée

 

… Ou comment est née ma nouvelle série de toiles : un ensemble de tondos, commencés en décembre 2018, et poursuivis en janvier et février de cette année.

Tondo est le nom donné aux toiles de format rond.

L’idée de travailler sur cette forme particulière m’est venue en feuilletant un livre sur l’art Zen. J’y ai découvert une série de peintures rondes d’un peintre Chinois du XVème siècle : Subun « dix tableaux pour domestiquer le buffle ». C’est l’une d’entre elles qui m’a particulièrement interpellée, la seule où était représenté… le vide !

Par ailleurs, la pierre au petit triangle dont j’avais parlé dans un article précédent continuait à m’inspirer :

Ainsi, sur cette base de départ, j’ai peint sur papier cette petite œuvre :

Mais l’envie de retrouver la matière minérale de la pierre ainsi que la teinte claire et douce du tableau Zen m’ont fait chercher une façon d’obtenir ce rendu.

Finalement, j’ai trouvé ce que je cherchais, et l’emploi d’un gel spécial au rendu de stuc a donné à mes tondos l’aspect de fresque au grain très fin qui correspondait à mon projet.

Je désirais également poursuivre mon travail d’encre sur papier avec empreintes végétales, celles dont j’ai posté quelques photos le mois dernier. Simplement, je les ai conçues dans un format différent : elles s’inscrivent dans un rond.

Ainsi est née une double série de tondos : certains sont réalisés directement sur la toile avec une matière  minérale et les autres sont des encres peintes sur papier puis marouflées.

Je vous présente donc quelques uns des tondos de ces deux séries. Ils mesurent 30 cm de diamètre les uns comme les autres .

D’autres encres de facture plus abstraite ou à l’ambiance de paysage marin sont venues compléter les deux familles préceédentes :

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Vœux de janvier, Fleurs de décembre

 

A tous ceux à qui je n’ai pas eu l’occasion de souhaiter les meilleures choses pour cette nouvelle année, j’offre mes vœux :  Santé et réalisation des projets qui vous tiennent à cœur.
Puissiez-vous également vivre des moments de partage et de douceur au fil des mois, réconfort dans le tumulte de cette époque intéressante mais nullement de tout repos !

 

Et la peinture continue …

 

Après la série des encres postées sur ce blog dans l’article  » fleurs de novembre « , j’ai travaillé sur de petites toiles en y déclinant la figure du triangle que j’avais choisie comme élément de départ. Les photos de ces  toiles illustraient le précédent article  intitulé « thème et variations ».

En décembre j’ai repris le papier comme support, avec l’envie de poursuivre ce travail sur les fleurs, commencé en novembre. Pour réaliser cette série, comme pour celle de novembre, j’ai employé de l’encre de Chine et de la poudre de sanguine. Parfois, un peu de pastel sec.
Après avoir réalisé un fond coloré sur un papier fin, j’y ai appliqué des empreintes à l’encre de Chine, J’ai également utilisé parfois un tampon rond que j’avais sculpté sur du bois il y a de nombreuses années.
Le rythme, l’espace, la subtilité de passages d’un plan à l’autre m’ont guidés dans la réalisation de ces encresl, afin d’obtenir une image immédiate et, dans le même regard, la possibilité d’une déambulation fine au cœur de l’œuvre.

Voici donc, aujourd’hui quelques unes des  » fleurs de décembre  » réalisées sur un format un peu plus grand : 44 x 50 cm.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Thème et variation

 

Six petites toiles sont nées début décembre.

Six petites toiles dans lesquelles j’ai joué à décliner la forme simple du triangle.

Une pierre que j’ai depuis de longues années dans mon atelier et sur laquelle est tracé un petit triangle m’a fait signe une fois encore.

Je ne me souviens plus qui avait tracé ce signe : Est-ce moi ? Est-ce une de mes filles, qui, toute petite, l’avait esquissé, »travaillant » à mes côtés dans l’atelier ainsi qu’elles le faisaient souvent toutes les deux ?

Toujours est-il que cette pierre m’a toujours inspirée par sa touchante simplicité, la subtilité des accidents de sa surface, et la douceur de sa teinte.

J’ai eu envie de partir de cette simple figure géométrique et de trouver des variations de composition et de chromatisme dans lesquelles l’intégrer.

J’ai également choisi d’utiliser de la poudre de marbre pour créer les fonds de cette petite série afin de restituer l’aspect minéral de la pierre  d’origine.

Ensuite, s’en est suivi un travail de collage de papier de soie teinté à l’acrylique, d’empreintes et d’effleurement de la surface  à l’aide de pastel sec afin de faire ressortir les aspérités et la matière du support. Poudre de sanguine et peinture acrylique m’ont également servi à réaliser ces œuvres.

Chacune de ces toiles mesure 29 x 29 cm.

 

 

 

 

 

 

 

Six petites toiles, un triangle. Six petits tours et puis s’en vont !

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Fleurs de novembre

C’est pas vilain les fleurs d’automne
Et tous les poètes l’ont dit…

Brassens l’a si joliment dit dans sa chanson « Saturne » .  Je continue  donc ce blog en chansons !

Et voici  mes fleurs d’automne.

Elles fleurissent sur le papier ou sur du tissu marouflé sur toile ou sur bois : fleurs d’encre, de givre ou de sel, fleurs/empreintes, fleurs voyageuses parmi des espaces aériens, lavis légers, ou fonds obtenus par un  procédé de monotype.

Le rythme et la lumière déterminent leur inscription au sein de l’œuvre.

Elles se mêlent aux palimpsestes de tampons imprimés et opposent avec vigueur leur présence végétale au quadrillage en filigrane qui structure certains fonds.

Le géométrique et l’organique marient alors leurs trajectoires.

Je vous propose un aperçu de trois séries d’œuvres réalisées en novembre sur ce thème :

Œuvres sur papier marouflées sur toile (24 x 29 cm), œuvres sur tissu, également marouflées sur toile ( 29 x 29 cm), et enfin, œuvres sur tissu marouflées sur bois (50 x 50 cm).

 

 

(3) Encre sur papiers marouflés sur toile 24 x 29 cm novembre 2018

 

 

 

(3) Encre sur tissu marouflé sur toile 29 x 29 cm novembre 2018

 

 

 

(4) Technique mixte sur tissu marouflé sur bois  50 x 50 cm   Novembre 2018

 

 

 

 

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Les p’tits papiers

Une chanson de Serge Gainsbourg :  » Les p’tits papiers », m’est revenue en mémoire alors que je me préparais à sélectionner une série de photos du travail que j’ai réalisé sur ce support depuis quelques mois.

Des petits papiers, des grands papiers … sur lesquels j’ai utilisé des collages, du pastel sec, de l’encre, de la poudre de sanguine, des fusains de couleur.

Je glisse ici, en guise d’accompagnement à ces images, le début de la chanson.

 

« Laisser parler les p’tits papiers « …

 

Laissez parler

Les p’tits papiers

A l’occasion

Papier chiffon

Puissent-ils un soir

Papier buvard

Vous consoler

(…)

 

 

Quelques uns des petits papiers : Technique mixte sur papier  24 x 30 cm   octobre 2018

 

 

Et quelques uns des grands papiers : Technique mixte sur papier   50 x 70 cm   octobre 2018

 

 » Puissent-ils un soir vous consoler  »

 

 

 

 

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Je vous écris depuis la Grèce

Pour cet article, j’ai choisi de partager le texte de ma newsletter du mois d’octobre. Une lettre où il est question du voyage en tant qu’élément possible du processus de création :

C’est de Grèce que je vous adresse cette nouvelle newsletter.

Je vous écris depuis la petite maison que nous habiterons une grande partie de l’année, d’ici environ un an et demi, si les choses se passent comme prévu.

Devant moi, la mer, le ciel, les oliviers et la vigne et la double perception d’un paysage à la fois immuable, immobile et silencieux, et celle d’un mouvement permanent : celui de la lumière de la mer et du ciel qui change d’heure en heure, celui des feuilles argentées des oliviers animés par le vent, celui des sons qui nous parviennent en haut de la colline .


Ce paysage est pour moi l’occasion de partager quelques réflexions sur d’autres aspects du processus de création dont je n’ai pas parlé jusqu’alors.

Un des éléments qui peut nourrir ce cheminement est le voyage. Pour moi cela s’est vérifié, et plusieurs séries de mes œuvres ont vu le jour suite à des voyages.

Carnet de voyage. La Crète.

Le voyage, en effet, peut induire un état de présence attentive : la surprise, l’inattendu, la nouveauté stimulent notre capacité à regarder les choses avec acuité. Certains chocs visuels, olfactifs ou autres peuvent déclencher un élan de l’imagination créatrice et se déposer dans un lieu intérieur d’où ils émergeront en temps voulu sur la toile ou le papier, peut-être au moment où l’on ne s’y attendra pas et sous une forme parfois inattendue.

Le changement d’environnement, une langue autre, des rapports humains différents, tous ces éléments permettent de développer un changement de perspective, de sortir d’une certaine vision des choses tenue pour acquise. Et cela fait partie des dispositions requises pour être dans une démarche véritablement créative.

Notre relation avec le réel se construit alors dans un double mouvement d’accueil du nouveau et de présence de la mémoire. Nous sommes traversés par des impressions, des images, des affects qui contribuent à enrichir l’humus sur lequel se développera la création future. Celle-ci se nourrira en même temps de tout le matériel non conscient qui nous habite et du monde imaginaire qui nous est propre.

Le travail de combinaison de cet apport nouveau d’innombrables données hétéroclites, de leur mise en relation, puis celui de la décantation nécessaire pour aboutir à une œuvre se poursuivra alors plus ou moins souterrainement, au cours d’une véritable gestation.              D’où l’importance de laisser au temps la place qui lui revient et celle de préserver au cœur du travail de création l’espace nécessaire à la contemplation et au silence.                    Parfois résister à la pression de l’urgence de faire !

Et alors, on aura su attraper une parcelle de la réalité, celle qui nous parle, nous touche et trouve un écho singulier en nous-même, en espérant qu’elle résonnera, telle une harmonique, chez quelques autres !

Pour ne citer qu’un seul exemple, le « phénomène » des chaises, en Crète, a provoqué en moi la mise en forme d’un travail récurrent sur ce thème.

Chaises touchantes, conviviales ou solitaires, habituées des salons de plein air en rase campagne, édentées ou tripes à l’air, les chaises crétoises m’ont fascinées par leur poésie de tous les contextes !

 

 

« Le mystère seul I »  technique mixte sur toile   81 x 116cm   novembre 2012

 

Collage sur papier  20 x 33cm  avril 2012

 

« Notre souffle et le chant des cigales »  Technique mixte sur toile  50 x 50 cm  aout 2013

Ceux qui désirent approfondir certains aspects de cette thématique peuvent aller lire  ces deux  articles de mon blog :  L’enfance du regard et La peinture est un voyage.

 

 

 

 

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