Passer pour vivre.

 

 

 

 

 » Apatrides, sans foyer.

Ils sont là.

Et ils nous accueillent

Généreusement

dans leur regard fugitif,

nous les oublieux,

les aveugles.

 

Ils passent et ils nous pensent. »

 

Extrait d’un poème de Niki Giannari : « Des spectres hantent l’Europe ».

Ce texte dans son entier accompagne en voix of un documentaire tourné dans un camp de migrants en Grèce. Il compose la première partie d’un livre de Georges Didi-Huberman (Passer quoi qu’il en coûte aux Éditions de Minuit) ) qui a intitulé la deuxième partie de cet ouvrage : « Eux qui traversent les murs ».

Je n’ai pas encore vu le film. J’ai lu le livre, très intéressant et très riche, ouvrant de multiples pistes de réflexion autour de cette problématique.

Ici, je voudrais simplement témoigner, avec des mots très simples et une pensée moins élaborée que celle de cet auteur, de l’écho profond que provoque en moi la vision de ces hommes, femmes, enfants qui passent, qui fuient des vies  impossibles… et se heurtent à des conditions et des lois qui font d’eux des parias, des hors-la-loi, des êtres indésirables et menaçants.

Des autres nous-mêmes qui sont barrés dans leur élan pour trouver un lieu décent où vivre, à cause de frontières nées d’un partage de territoire arbitraire et d’une lutte féroce pour s’approprier « sa » place.  A quand  la fluide circulation des hommes sur cette terre… que nous ne possédons pas et qui est censée appartenir à tous ?

Ces autres nous-mêmes qui sont dépossédés de leur visage d’humain unique et singulier, pour n’être alors que des possesseurs de papiers en règle , ou non.

Bouleversée par ces conditions de survie, je le suis aussi par cette incroyable force de vie qui anime ces hommes qui passent, ce désir envers et contre tout de rejoindre un ailleurs vivable qui les anime, cette détermination admirable.

Et comme toujours, je suis profondément touchée par les enfants, leur indomptable énergie de vie et, quelles que soient les désastres environnants, leur capacité à jouer et à rire malgré tout, même si les peurs et les chagrins ne leur sont pas épargnés.

Merci à tous ces pionniers qui vont de l’avant et nous donnent l’exemple du mouvement, seul garant de la vie.

Merci à leur présence qui nous renvoie en miroir notre peur de l’étrange, de l’étranger, de l’inconnu, pas toujours consciente.                                                                                              Étrangers porteurs de trésors : Les apports et richesses d’une culture autre ont toujours été un ferment pour les peuples qui en bénéficiaient. Nous-mêmes ne sommes-nous pas le résultat d’un foule de mélanges de tous ordres ?

Merci à eux pour leur capacité à nous faire sortir de notre torpeur et à remettre en cause certaines lois et options politiques qui bafouent la loi universelle de l’hospitalité et la priorité de la dignité humaine.

Et enfin (mais la liste pourrait s’allonger…) merci pour leur présence qui nous permet d’ouvrir un peu plus notre cœur.

Et puis se pose la question du témoignage à travers le moyen de la peinture, de la poésie, du théâtre etc..

J’ai tenté une transcription de ce thème par le dessin et la peinture mais j’ai finalement renoncé. Trop difficile ! Je ne voulais pas d’images faciles, d’un expressionnisme outrancier ou d’une esthétique déplacée.

A l’exemple des enfants qui chantent les pieds dans la boue, et jouent au milieu des ruines, je prends le parti, avec ce que je sais faire, avec mon désir de beauté et d’harmonie, de contribuer à ma façon à l’élaboration d’un monde habitable.

« à tous les enfants

qui dévorent la vie

pour la vie

avec délice »     Paul Villain

 

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Papiers d’avril, dessins et collages

Plaisir du dessin !

Voici quelques dessins et collages sur papier. Ils mesurent tous 24 x 30 cm.

Pour les dessins, j’ai utilisé des bâtons de fusain, noir et de couleur, et un pastel sec. Le papier, l’eau … et l’envie de dessiner !

Pour les collages, j’ai ajouté des morceaux de papier de soie travaillés à l’acrylique et déchirés.

Je poursuis ce travail sur papier en mai, heureuse de la spontanéité que permet l’utilisation de cette technique, et de l’économie de moyens mis en œuvre pour exprimer ce qui veut bien surgir et prendre forme sur la feuille blanche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le printemps au fil des ans

P1040148 (Copier)Petit florilège de dessins, croquis, peintures que le printemps m’a inspiré au fil des années, en attendant la publication de mes nouvelles œuvres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Que ce printemps vous apporte des fleurs, des parfums, des couleurs et de belles lumières !

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les coulisses de l’exploit

Aujourd’hui, m’est venue l’envie de partager sur ce blog un aspect méconnu du métier de peintre.  Il s’agit  de  cette  part  du  travail artistique, qui n’a rien d’artistique au demeurant (!), et qui se gère « dans les coulisses » : devant l’ordinateur, dans le lieu où sont entreposées les toiles, et éventuellement perchée sur une échelle !

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Je veux parler du classement, de l’organisation et du rangement de centaines d’œuvres que comporte le corpus important d’une peintre qui peint depuis très longtemps, quarante ans dans mon cas … et qui n’a sans doute pas accordé suffisamment d’importance à cet aspect des choses au fil des années !

 

 

Ainsi, ces dernières semaines ont-elles été consacrées à la fabrication d’immenses étagères en bois, puis à l’installation, dans ces étagères, de mes toiles, classées par format, année, mois et ordre d’apparition dans le mois.

Au fur et à mesure, j’ai pris en photo les peintures dont je n’avais pas la trace, prises de vue suivies de corrections sur Photoshop pour obtenir un résultat satisfaisant, puis classement dans des dossiers informatiques dédiés, etc…

Parallèlement à ce travail d’archivage, a été élaboré un document de présentation informatique destiné aux diffuseurs et acteurs culturels que j’ai l’occasion de contacter , et aux personnes qui souhaitent découvrir mon travail et l’ensemble de ma démarche.

Au passage, je dis un immense merci à Laure Villain, graphiste et photographe, qui a créé un document PDF magnifique à partir des éléments que j’avais préparés – écriture des textes, choix des œuvres présentées -, et à Paul Villain, qui, parmi les talents multiples qu’il possède, sait bricoler. Qu’il soit remercié pour la conception et la construction des fameuses étagères à laquelle j’ai participé, dans le rôle de petite main !

Toutes ces activités, ainsi que le travail de communication, entre autres, constituent une facette de la vie d’artiste que l’on ne connaît pas toujours et qui, bien qu’un tantinet ingrate, permettent de donner à voir et de rendre public ce qui s’est élaboré auparavant dans le secret de l’atelier.

Sur un mode humoristique, je pourrais reprendre le titre  d’un  livre de  Jack Kornfield : «  Après l’extase, la lessive », ou bien  le  nom d’une très ancienne émission télévisuelle : «  les Coulisses de l’exploit », pour décrire les phases très différentes les unes des autres de l’activité d’un peintre !

A défaut de venir admirer mes étagères et les belles rangées de toiles qui s’y prélassent maintenant en attendant leur départ éventuel pour d’autres horizons, les lecteurs de ce blog peuvent aller découvrir, si le cœur leur en dit, le fameux document informatique de présentation de mon travail dont j’ai parlé plus haut et dont voici le lien :

Book numérique

 

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Santé, joie de vivre et créativité !

Une très bonne année à tous !

Je vous souhaite santé, joie de vivre -malgré les inévitables aléas plus ou moins douloureux que nous rencontrons tous au cours d’une année- et une belle créativité, quel que soit le domaine dans lequel elle se manifeste, cette qualité qui peut rendre pleine d’attrait toute activité.

Voici une brassée de toiles, pour commencer l’année : elles sont datées de décembre 2017 et de janvier 2018

Technique mixte sur toile  120 x 120 cm  décembre 2017

Technique mixte sur toile  120 x 120 cm  décembre 2017

 

Technique mixte sur toile  120 x 120 cm  décembre 2017

 

Technique mixte sur toile 120 x 120 cm  décembre 2017

 

Acrylique sur toile  120 x 120 cm   janvier 2018

 

Technique mixte sur toile  120 x 120 cm  janvier 2018

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La trace, l’empreinte, le signe

Technique mixte sur toile  70 x 70cm  octobre 2017

 

Dans ma peinture, la présence récurrente des empreintes et des signes m’a donné envie d’écrire un petit article approfondissant cet aspect de mon travail.

Dans celui-ci, j’ai toujours eu à cœur d’accorder une importance égale aux trois données différentes mais complémentaires à mes yeux que sont la couleur, la matière et le graphisme.                                                                                                                                             Et au cœur de l’élaboration de mon vocabulaire graphique se trouve la mise en œuvre d’un travail de recherche sur l’empreinte, la trace et le signe.

L’observation et la contemplation des formes rencontrées dans la nature nourrissent en permanence cet aspect de ma peinture : empreintes fossiles, traces dans le sable ou la neige, et celles laissées dans le ciel par le passage d’un avion, signes inscrits sur la surface du bois par des vers ou ceux que l’on peut voir à la surface de l’eau lorsque l’écume y brode des écritures énigmatiques.                                                                                                  Calligraphies végétales et objets vieillis que le temps a tatoués, telles les coques usées des bateaux dont la peinture s’écaille. La bave des escargots laissant sur les vitres des méandres et des arabesques, le givre et ses fleurs fractales…                                                     La liste est infinie de ces traces et empreintes qui parcourent la peau du monde, tatouages, écriture muette, signaux silencieux qu’il nous appartient de déchiffrer et d’interpréter et auxquels donner une voix.

Je réalise les empreintes au moyen de tampons sculptés ou par l’emploi de toutes sortes de matériaux susceptibles d’être encrées ou enduits de peinture.                                                  Les traces sont laissées sur la surface travaillée par griffures, grattage, collages et dé-collage et par d’autres procédés explorés au fil du temps.                                                            Et les signes, eux, sont inventés au fur et à mesure, certains réutilisés souvent car particulièrement porteurs de sens à mes yeux.                                                                            J’ai aussi élaboré , il y a de nombreuses années de cela, une écriture qui a pris forme peu à peu, devenant une cursive après avoir été une juxtaposition de signes créés un par un.                                                                                                                                                        Cette écriture, conçue comme un élément graphique de ma peinture l’est également en tant que trace de la mémoire des hommes, témoignant d’un temps passé ou futur, réminiscence ou intuition d’autres réalités .

Trace, empreinte ou signe : dans l’infini des possibles, sur le fond neutre du papier ou celui d’un support autre, est posé un geste qui détermine une option : un événement graphique surgit, s’inscrit dans la matière. Dans le vide naît une forme qui l’habite et oriente la suite du processus créatif.

Un mouvement effectué dans le temps prend forme dans l’espace.

La trace, éclair de vie reçue dans un matériau souple, passif ( à l’instar d’un pas sur la neige ) à un moment donné, sera lue et interprétée à un autre moment. Ainsi, témoigne-t-elle du passage du temps ainsi que de son immobilité. Dans la nature, les pierres fossiles, témoins des millénaires écoulés fixés dans la matière, en sont un exemple.

Pour le peintre, le geste posé capture l’instant et lui donne forme et matérialité, pour l’offrir aux regards dans un temps ultérieur.

La trace est également porteuse de l’absence, elle témoigne de ce qui n’est plus là. C’est un écho, une mémoire.

Elle permet aussi une liberté dans l’acte créatif, car elle n’est pas porteuse d’une signification, elle ne représente pas . Le geste, le hasard , la réaction parfois imprévisible de la matière laisse le champs libre aux surprises !                                                                    Elle permet dans un deuxième temps une liberté de lecture grâce aux multiples interprétations qui peuvent en être faites, à la résonance particulière qu’elle fait naître en chacun.                                                                                                                                           Chaque lecteur de la trace peut en avoir sa propre vision , n’est pas contraint à y déceler un sens exclusif.

Pour illustrer ce texte (qui, je l’espère, aura su éclairer l’aspect graphique de mon travail ) j’aimerais présenter ici un certain nombre de monotypes -travail d’empreinte par excellence- dont je suis en train de réaliser une série. Ils mesurent tous 33 x 55 cm et sont marouflés sur toile.

Et j’ai posté également en début d’article une photo de ma dernière toile, dans laquelle signes et empreintes sont présents, comme elles le sont très souvent dans mes différentes œuvres.

 

 

 

 

 

 

 

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Cent fois sur le métier…

Ces premiers jours du mois d’octobre ont été consacrés, dans mon atelier, au remaniement de plusieurs des dernières toiles crées au cours des mois d’aout et septembre.

 » Cent fois, sur le métier remettez votre ouvrage…  »

Après quelques temps, en effet, il arrive qu’en posant un regard moins « collé » au travail accompli, on voit plus clairement des choses que l’on avait laissées dans une certaine imprécision ou des éléments qui nous semble, avec un peu de recul, superflus, voire encombrants.

Il faut parfois un certain laps de temps pour que s’estompe cette sorte de fascination dont on est l’objet la plupart du temps, lorsqu’on s’est investi complètement dans l’élaboration d’une toile.

Un recul, et souvent l’aide précieuse d’un regard extérieur (et avisé), permet de « remettre son ouvrage sur le métier » pour faire aboutir sa toile de façon plus satisfaisante et la rendre plus conforme à ce que l’on cherchait confusément. Même si ce que l’on cherche nous est inconnu, lorsqu’une peinture  » tient  » jusqu’au bout, elle aura tenu sa promesse d’être un fragment « juste » de ce ce je ne sais quoi que l’on poursuit de toile en toile.

Je reposte donc les toiles retravaillées ces derniers jours.

 

Acrylique sur toile  120 x 120 cm  aout 2017

 

Acrylique sur toile  120 x 120 cm  aout 2017

 

Acrylique sur toile  100 x 100 cm  aout 2017

 

 

Acrylique sur toile  120 x 120 cm   septembre 2017

 

Acrylique sur toile  90 cm x 90 cm  septembre 2017

 

 

Acrylique sur toile  90 x 90 cm   septembre 2017

 

 

Acrylique sur toile  120 x 120 cm   aout 2017

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